En mai, le gouvernement présentait sa stratégie nationale pour l’emploi des jeunes.
Quelques semaines plus tard, ce même gouvernement annonce une baisse drastique de la dotation de l'État aux Régions destinée au soutien de l'apprentissage.
Raison invoquée : compenser la hausse des dépenses publiques dues à la guerre au Moyen-Orient.
Alors que les Régions devaient disposer de 134 millions d'euros pour accompagner les CFA, développer l'offre de formation et investir dans les équipements pédagogiques, elles n'en percevront finalement que 33 millions.
Cette baisse brutale de près de 86 % par rapport à 2025 représente un grave désengagement de l’État.
Pour l'UNSA, cette décision est incompréhensible alors que l'apprentissage est présenté depuis 2019 comme une priorité nationale et constitue aujourd'hui la principale politique d'insertion professionnelle des jeunes.
De plus, cette annonce s’inscrit dans un contexte où de nombreuses autres mesures ont déjà été arrêtées pour limiter les effets d'aubaine et réduire la dépense publique.
Ces choix vont amplifier la vulnérabilité des jeunes face aux aléas économiques alors que le chômage progresse encore pour atteindre 21,1% au premier trimestre 2026 avec une part de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEETS) de près de 13,1%.
Les Régions sont des acteurs essentiels de l'apprentissage. Elles financent les équipements, accompagnent les CFA, soutiennent l'innovation pédagogique et garantissent une offre de formation au plus près des besoins des territoires.
Ainsi, affaiblir les Régions revient à fragiliser la chaîne de la formation professionnelle dans son ensemble.
L'UNSA rappelle qu'une politique ambitieuse pour la jeunesse ne peut pas se résumer à des effets d'annonce.
Elle exige des investissements durables dans la qualification, l'accompagnement et l'accès à l'emploi.
Ainsi, les économies réalisées aujourd'hui entraineront demain davantage de décrochage, d'inégalités et de difficultés d'insertion.
Laurent Escure, secrétaire général de l'UNSA