2 000 emplois pour compenser les fermetures de casernes

Pour soutenir les territoires touchés par les fermetures de casernes, le ministère de la Défense a mis en place un fonds doté de 320 millions d’euros à destination des PME. Environ 2 000 emplois ont déjà été créés grâce à ce dispositif.
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a reçu en petit comité à l’hôtel de Brienne, le 1er février, une dizaine de patrons de TPE-PME qui ont pu développer leur activité et créer de l’emploi grâce au Fonds pour les restructurations de la défense (Fred). Mis en place en juillet 2008, ce fonds, piloté par la délégation aux restructurations du ministère, est doté de 320 millions d’euros pour la période 2009-2014 et vise à compenser l’impact sur les territoires de la réforme de la carte militaire.
D’ici l’année 2015 en effet, 82 unités seront fermées, dont 20 régiments et 11 bases aériennes, tandis que 47 unités seront transférées sur d’autres sites. Ce vaste mouvement, qui s’accompagne de la suppression de 54 000 postes de militaires et agents civils, fragilise les territoires. D’autant que certaines régions sont déjà durement éprouvées par la fermeture d’autres services publics : maternités, bureaux de poste, tribunaux, etc.
Déséquilibres
Aujourd’hui, près des deux tiers des fermetures de sites prévus ont été effectués, provoquant de sévères déséquilibres dans les bassins d’emplois. Dès lors, l’objectif du ministère est clair : “Il s’agit de recréer à terme un volume d’emploi et d’activité au moins comparable à ce qu’il était avant le départ des agents du ministère”, souligne Charles Moreau, conseiller au cabinet du ministre.
Les financements alloués aux entreprises dans les zones sinistrées peuvent prendre deux formes. Pour les communes frappées par une perte d’au moins 50 emplois, le ministère peut conclure des plans locaux dits de “redynamisation”. Les premiers aménagements d’une zone d’activité portuaire pour les industries des énergies marines renouvelables ont ainsi été lancés à Brest, le 17 janvier, en bonne entente entre le préfet, le président de la chambre de commerce et l’un des 10 représentants de la délégation aux restructurations présents en région. Montant de l’aide du ministère : 2,67 millions d’euros.
Décalage
Pour les sites affectés par une perte de plus de 200 emplois, des contrats de redynamisation de site de défense (CRSD) peuvent être signés entre les collectivités qui le souhaitent et le ministère, afin de revaloriser les anciennes zones militaires. Le ministère, soucieux de ne pas se retrouver avec des friches sur les bras, cède au préalable ses terrains et bâtiments pour l’euro symbolique. Ils serviront ensuite aux entreprises pour y développer leurs activités. Barcelonnette, Nancy et La Rochelle sont quelques-unes des villes ayant tiré profit de ce dispositif.
“Trente-cinq contrats de ce type ont déjà été signés sur une cinquantaine attendus”, se félicite Olivier Vasserot, le délégué aux restructurations, “ce qui représente environ 2 000 emplois créés”. Les aides du ministère varient de quelques centaines de milliers d’euros à près de 12 millions, selon la taille des projets, et ne sont versées qu’une fois les emplois promis réellement créés. Les fonds peuvent aussi être débloqués pour soutenir l’investissement productif et “ne sont pas exclusifs d’autres aides”, explique-t-on au ministère.
Aux dires du délégué aux restructurations, “les aides de l’État jouent en général un effet de levier et sont abondées par les collectivités dans un rapport de 1 à 4”. S’il existe aujourd’hui un décalage entre le moment où l’armée ferme un site et celui où une entreprise s’installe avec ses salariés, le ministère est confiant : “Nous sommes sur la bonne trajectoire”, soutient Charles Moreau, qui espère que les entreprises aidées par le Fonds pourront ensuite prendre leur envol. Et créer de l’emploi, cette fois sans l’aide de l’État.




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