Déséquilibres

Aujourd’hui, près des deux tiers des fermetures de sites prévus ont été effectués, provoquant de sévères déséquilibres dans les bassins d’emplois. Dès lors, l’objectif du ministère est clair : “Il s’agit de recréer à terme un volume d’emploi et d’activité au moins comparable à ce qu’il était avant le départ des agents du ministère”, souligne Charles Moreau, conseiller au cabinet du ministre.



Les financements alloués aux entreprises dans les zones sinistrées peuvent prendre deux formes. Pour les communes frappées par une perte d’au moins 50 emplois, le ministère peut conclure des plans locaux dits de “redynamisation”. Les premiers aménagements d’une zone d’activité portuaire pour les industries des énergies marines renouvelables ont ainsi été lancés à Brest, le 17 janvier, en bonne entente entre le préfet, le président de la chambre de commerce et l’un des 10 représentants de la délégation aux restructurations présents en région. Montant de l’aide du ministère : 2,67 millions d’euros.



Décalage

Pour les sites affectés par une perte de plus de 200 emplois, des contrats de redynamisation de site de défense (CRSD) peuvent être signés entre les collectivités qui le souhaitent et le ministère, afin de revaloriser les anciennes zones militaires. Le ministère, soucieux de ne pas se retrouver avec des friches sur les bras, cède au préalable ses terrains et bâtiments pour l’euro symbolique. Ils serviront ensuite aux entreprises pour y développer leurs activités. Barcelonnette, Nancy et La Rochelle sont quelques-unes des villes ayant tiré profit de ce dispositif.



“Trente-cinq contrats de ce type ont déjà été signés sur une cinquantaine attendus”, se félicite Olivier Vasserot, le délégué aux restructurations, “ce qui représente environ 2 000 emplois créés”. Les aides du ministère varient de quelques centaines de milliers d’euros à près de 12 millions, selon la taille des projets, et ne sont versées qu’une fois les emplois promis réellement créés. Les fonds peuvent aussi être débloqués pour soutenir l’investissement productif et “ne sont pas exclusifs d’autres aides”, explique-t-on au ministère.



Aux dires du délégué aux restructurations, “les aides de l’État jouent en général un effet de levier et sont abondées par les collectivités dans un rapport de 1 à 4”. S’il existe aujourd’hui un décalage entre le moment où l’armée ferme un site et celui où une entreprise s’installe avec ses salariés, le ministère est confiant : “Nous sommes sur la bonne trajectoire”, soutient Charles Moreau, qui espère que les entreprises aidées par le Fonds pourront ensuite prendre leur envol. Et créer de l’emploi, cette fois sans l’aide de l’État.